top

top

BIENVENUE !

BIENVENUE !
Affichage des articles dont le libellé est amour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est amour. Afficher tous les articles

lundi 10 février 2014

Juste un peu d'amour

On me dit que je devrais la laisser pleurer pour ne pas la laisser gagner. On me dit que je ne devrais pas la prendre dans mes bras pour ne pas l’habituer.
Moi, je crois qu’elle est déjà habituée. Elle est née de ce corps, elle a grandi en lui. C’est sa maison. Elle ne connait que lui. De ce monde, elle ne connait que ma voix, le son des battements de mon cœur, le rythme de ma respiration, l’odeur de ma chair. Elle sait tout de moi. Elle ne sait que moi. Elle pense même que je suis elle, que nous ne sommes qu’une, que je suis la continuité de son corps.

Ce qu’il faudrait en fait, c’est que je la déshabitue.


Que je la force à oublier, très vite, tout ce qu’elle connait, tout ce qu’elle aime. Lui désapprendre le parfum de ma peau et lui refuser les caresses de mes mains. Pourtant, naturellement, instinctivement, elle me cherche, me veut. Plus qu'un besoin, une nécessité. Pas pour vivre, pour survivre.

Et pourquoi ?

Pour qu’elle soit autonome et sage. Pour que je puisse vivre. Pour que je puisse être libre. Mais je suis libre ! C’est elle ma Liberté. S’il faut parler d’esclave, alors c’est moi son bourreau. C’est moi qui ai le pouvoir de la calmer, de l’apaiser, de la soulager. Elle, elle m’a réveillé. Elle m’a rendu consciente. Envolé mes convictions, mes croyances et mes certitudes. Je suis vivante depuis le 16 août 2013. C’est ma plus belle raison de vivre, c’est ma plus belle priorité, c’est ma plus belle finalité. Et je devrais dire « non »  à ses petits bras tendus vers moi, désespérément dressés, à la recherche de cette chaleur qui l’a bercé et rassuré si longtemps ?
Pourquoi m’interdit-on d’aimer ma fille ? Si je la prends dans mes bras, c’est parce que je l’aime ; si je ne la laisse pas pleurer, c’est parce que je l’aime ; si je la respire, la regarde, l’embrasse, la touche, la mange, c’est parce que je l’aime !

C’est quoi ce monde qui nous pousse à aimer nos enfants de loin ?


Pourquoi croire que rassurer son enfant c’est le rendre capricieux ? Pourquoi croire que nous devons être durs pour être juste ? Être sévère et cruel pour éduquer ? Ignorer pour mieux dresser, pour forger le caractère et rendre obéissant. Pourquoi ne pas juste aimer, simplement ?
Cette enfant à qui j’ai donné naissance, elle vient de mon âme, elle vient de mes tripes. Elle a vécu à côté de mon cœur. Je l’ai porté au monde, égoïstement. Parce que j’avais envie d’un bébé. J’avais envie de devenir une maman. Nous avions envie de devenir parents. Mais nous ne pouvons plus être égoïstes ! Je lui dois tout ! 

Elle ne me doit rien. Elle ne me demande rien. Juste mes mains.

Quand sa bouche se tord, que ses yeux s’ouvrent et se dilatent, que ses larmes salent son visage en entier et qu’elle me cherche, qu’elle me cherche de l’intérieur, qu’elle souffre à en oublier qu’elle n’est plus EN moi, je ne peux pas rester sur le pas de la porte ! Je ne peux pas me convaincre que c'est pour son bien. Pour son autonomie. Je veux, je dois la toucher, la serrer, prendre sa peine, prendre sa colère, sa peur. Il faut que je la protège, il faut que je l’aime, que je la berce sans retenu, sans limite pour retrouver son sourire.

Et je la bercerai. Aussi longtemps que je lui suffirait. Et je la serrerai, aussi longtemps qu'elle le voudra.

Et si je préfère lui enseigner l’amour, la tendresse et la bonté plutôt que la frustration, la colère et la violence, ça veut dire que je suis laxiste? Et si je crois, moi, qu’un enfant mérite qu’on lui laisse le temps de découvrir tout ça par lui-même? Si finalement notre rôle n’était que d’accompagner, d’écouter, de conseiller, de guider ? Le soutenir, l’épauler, lui parler, le regarder nous fixer avec ses yeux pleins de larmes ou de colère ou d’incompréhension et l’aider à grandir. Doucement, calmement, sans écouter ces menaces d’enfant roi capricieux. 

L’aimer comme on aimerait être aimé. Être les parents qu’on aurait aimé avoir. En faire l’adulte qu’on aurait aimé être.

Je ne comprends pas ces parents qui laissent pleurer un enfant pour le dompter. Pour mettre fin à un « caprice ». Pour lui apprendre à bien se comporter. On a tous des envies, brutales ou réfléchies. Sauf que nous, adultes, nous arrivons (plus ou moins) à gérer nos émotions. Et si on consolait au lieu de gronder ? Et si on le prendrait ces bras cet enfant, pour le rassurer,  au lieu de le punir et de le laisser dans ses larmes. Lui dire qu’on le comprend, qu’on sait à quel point c’est décevant et frustrant de ne pas avoir ce que l’on veut ! 
Juste l’aider à contrôler sa colère et à apprivoiser ses émotions. Le traiter comme l’être humain qu’il est.
Pourquoi vouloir respecter son enfant semble si dingue ? Je veux l’aimer pour ce qu’elle est, je veux la pousser à devenir une petite fille épanouie et heureuse. Je veux voir cette petite fille devenir une femme sûre d’elle et aimante. 

Aimer pour être aimer.

Souvent, je me demande ce à quoi l’on pense à la fin de sa vie.

Je sais à quoi moi je penserai. A la vie que j’ai créée. A ce minuscule poing fermé au bout de ce si petit bras. A l'odeur de ses cheveux, à la douceur de son cou, aux plis de ces cuisses. A ce corps brulant qui vient d’un autre univers et que j’ai serré contre mon cœur, cette toute première fois. A toutes les autres fois. A ces yeux qui me cherchent dès que je quitte une pièce. A cette bouche qui est bien plus belle quand elle sourit que quand elle crie. A Elle. C’est à elle que je penserais. C’est à elle que je pense tous les jours. 

Et s’il n’était question que d’amour ?

Juste un peu d’amour pour sécher des larmes.
Juste un peu d’amour pour rendre un enfant heureux et libre.
Juste un peu d’amour pour ne pas voir s’éteindre la lumière dans ses yeux.
Juste un peu d’amour pour ce sourire et ce rire.
Juste un peu d’amour aujourd’hui pour demain.

 Juste un peu d’amour...



jeudi 14 novembre 2013

Quand de simples croyances populaires deviennent les clés de l’Education.



Il y a des phrases récurrentes. Répétées inlassablement, à chacun de nos gestes, à chacune de nos intuitions. Des avertissements, des recommandations, des conseils. Toujours accompagnés d'un regard réprobateur et d'un sourire qui condamne. Elles sont nées d'une société dirigée par la consommation de masse, de doctrines anciennes et non vérifiées, de certains personnels de santé mal formés et peu informés, d'enquêtes très sérieuses sponsorisées par des marques de couches ou de lait en poudre. Elles survivent grâce à la croyance populaire. Elles sont devenues les diktats d'une éducation où l'instinct maternel, la nature de l'enfant et ses besoins fondamentaux sont laissés pour compte et annihiler.
 
Décryptage détaillé, en deux partie, de ces conseils hasardeux et injustifiés, entre opinion personnelle, expérience et véritables recherches.




Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.

J. Salomé - Papa, maman, écoutez-moi vraiment


PARTIE 1 :

                - « Laisse pleurer bébé »
Et ses variantes : « Il a besoin de pleurer », « Tu ne peux pas accourir dès qu’il pleure, faut qu’il apprenne la vie » « Faut le laisser pleurer, tu n’es pas son esclave » « Si tu viens à chaque fois qu’il pleure, tu es foutu, il aura gagné »
C’est la première phrase que tu entends à la naissance de bébé, juste après les félicitations d’usage.  Le 1er bon conseil qu’encore trop de gens appliquent. Entendu à la télé, lu dans des magazines, préconisé par des amis. Dit et répété par presque toutes les personnes de ton entourage, déjà parents ou pas. Répété encore et encore, sans en saisir réellement le sens, sans même se demander l’impact scientifique et émotionnel que cela provoque. Car oui, c’est loin d’être sans risque, à court comme à long terme. Quand Lou-les-grosses-joues est née, j’ai aussi reçu cette recommandation. Je n’ai jamais eu de réponse fondée quand je demandais « Mais pourquoi faut-il que je la laisse pleurer? Je suis sa mère, ne devrais-je pas répondre à ces besoins, qu’ils soient vitaux ou affectif ? ». On m’encourageait à ne pas me laisser faire ( ?), on m’assurait, par expérience, par on-dit, que c’était la seule façon de la rendre autonome, que je ne lui rendais pas service à la prenant dans mes bras chaque fois qu’elle pleurait. Ce mythe est si encré dans nos croyances populaires qu’il est quasi impossible de s’en défaire et de convaincre que non, laisser pleurer un bébé n’a jamais été bénéfique pour lui et ne lui a jamais fait du bien. Jamais. Ce n’est pas un moyen de l’autonomiser ou de l’aider à le rendre plus dépendant ! Tout le contraire.  

John Bowlby, psychiatre et psychanalyste anglais est célèbre pour ses travaux sur l'Attachement dans la relation mère-enfant. Il explique dans le volume 1 de son livre « Attachement et perte » que plus l’enfant se sent rassuré, consolé, cajolé et aimé, plus il a confiance en lui, plus il s’ouvre au monde et acquiert en autonomie rapidement. « Dans nos sociétés actuelles, on cherche à séparer  le plus vite possible le corps du bébé de celui de sa mère, sous prétexte de favoriser son autonomie. Dans la plupart des cultures traditionnelles, il est rare d’entendre les bébés pleurer : on répond systématiquement aux pleurs. Laisser pleurer un bébé est considéré comme cruel. » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Ne pleure plus, bébé). Nous sommes les victimes d’une prétentieuse supériorité, qui nous vantons de vivre dans un pays sur développé, tout en continuant d’utiliser des méthodes barbares et dépassées. Tenter de dresser un petit être sans essayer de le comprendre en refoulant notre propre instinct n’aident pas à mieux vivre notre parentalité. Car l’Instinct (Ensemble des comportements animaux ou humains, caractéristiques d'une espèce, transmis par voie génétique et qui s'exprime en l'absence d'apprentissage.) ne nous dicte EN AUCUN CAS de laisser pleurer notre bébé. Notre Instinct sait qu’il n’y a rien de naturel dans ce comportement. Notre espèce ne s’est séparée du bébé que parce que, tout d’un coup, au XIXème siècle, la société de consommation a décidé qu’il fallait laisser notre enfant allongé à plat, loin de notre corps, de notre chaleur, de notre odeur, une grande partie de la journée et toute la nuit, pour mieux nous vendre poussette, transat, parc, tapis d’éveil, berceau. Et bien sûr, comme ça ne convient pas à l’enfant ni physiologiquement, ni émotionnellement, il pleure. On nous a donc persuadé qu’il fallait laisser le pleurer, pour l’éduquer, le contrôler, lui apprendre. « Il est bien préférable de le laisser couché et, sans pitié pour ses cris, de ne pas lui donner la déplorable habitude de l’avoir tout le temps sur les bras » (Dr Rehm, Nouvelle encyclopédie pratique de médecine et d’hygiène, 1922) 

Depuis, malheureusement, ces diktats arriérés sont encore dans la tête de beaucoup trop de parents. « Laisse-le pleurer » c’est aussi et surtout LA phrase préférée des gens qui tente de se déculpabiliser pour continuer à vivre leur vie d’avant. Car il ne faut pas, n’est-ce pas, devenir « l’esclave » de notre enfant. Il ne faut pas se laisser faire. Il ne faut pas se faire manipuler, par ce petit être vil et pervers qu’est notre enfant. Mais finalement, pourquoi faire un enfant, s’il est inconcevable pour nous de bouleverser son quotidien, d’accepter de changer ses priorités, de se rendre compte que nous parlons simplement d’une vie humaine ? Une vie humaine qui débarque sur cette Terre qu’il ne connait pas. Une vie humaine qui passe de l’obscurité à la lumière, d’un contour a du vide, de la chaleur constante aux changements de température, de l’eau à l’air. Qui découvre la faim, la douleur, le bruit, la peur et tout ça en même temps. Qui est dépendant, totalement et absolument de sa mère et de son père. « Il y a une période, s’étalant sur près d’un an, qu’on peut qualifier de grossesse hors utérus (fœtus ex utero), où le développement des systèmes nerveux, digestif, immunitaire, etc., se poursuit et où le bébé est complètement dépendant de l’adulte pour sa survie et son bien-être. » Le bébé à un seuil de tolérance au stress presque nul. Un rien l’angoisse. Eduard Punset, le confirme dans son livre « El viaje a la felicidad : las nuevas claves cientificas » (Le voyage du bonheur : les nouvelles clés scientifiques): Ce qui est sûr, c’est que les bébés ne peuvent absolument pas gérer leur stress. Ils ne peuvent pas se défaire de leur propre cortisol, comme nous les adultes. Pour eux, c’est leur survie qui est en jeu ! 

S’il pleure, ce n’est jamais pour rien. Ce n’est jamais bon. Pourquoi refuser le réconfort de nos bras, de notre corps ? Pourquoi avoir si peur de son propre enfant ? Carlos Gonzalez, pédiatre espagnol, dans son très bon livre « Besame mucho » (Embrasse-moi beaucoup, qui vient de sortir en France sous le titre de « Serre-moi fort ») ironise très bien la réalité : « Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Car nos enfants sont, semble-t-il, nos ennemis. Ils s’opposent à nous sans raison, multiplient les caprices, cherchent à n’en faire qu’à leur tête, à nous dominer, à nous écraser. Il convient donc d’extirper le mal à la racine (…) faute de quoi ces tyrans en herbe deviendront incontrôlables ! » Ce bébé agit, lui,  par instinct et quand il se sent en détresse physiologique ou émotionnelle, il pleure. Le jour, la nuit, même quand il est propre, même quand il a mangé. Le laisser pleurer, en se disant qu’il n’a pas de raison de pleurer car chacun de ses besoins sont satisfaits c’est encore très prétentieux. C’est surtout minimiser son importance et croire qu’il a juste besoin de dormir, de manger et d’être propre. L’amour, on verra après. Quand on aura le temps.

L’AAIMH (Association Australienne pour la Santé Mentale Infantile) assure que ces pratiques ne correspondent pas aux besoins émotion­nels et psychologiques des jeunes enfants, et qu’elles peuvent avoir des conséquences négatives à long terme sur leur santé psychologique. Ce qu’il se passe les premières années dans la vie d’un bébé, laisse une marque pour toujours. « Les parents doivent savoir qu’en laissant pleurer leurs enfants sans leur accorder d’attention, ils peuvent provoquer chez lui des dommages à long terme. Le système nerveux de l’enfant deviendra anormalement sensible aux traumatismes et aura pour principal résultat de fabriquer des adultes stressés et anxieux. (Havard University). Dans son ouvrage, « Un enfant heureux », le professeur Margot Sunderland qui travaille au Centre for Child Mental Health de Londres, s’appuie sur TOUTES les recherches récentes en matière de développement cérébral et sur TOUTES les observations que permettent les techniques d’imageries médicale, pour montrer « qu’élever un enfant en ignorant ses pleurs, même de temps en temps, à des conséquences visibles sur son cerveau, entrainant de graves déséquilibres chimiques générateurs de problèmes psychiques» On ne connait pas toujours la raison de ces pleurs. Comme nous, le bébé à un panel d’émotions et de besoins divers et variés. Une chose est sure, il ne cherche pas à prendre le pouvoir sur nous, il ne cherche pas à gagner je ne sais quelle bataille et il ne s’agit pas de caprices.


- « Ne cède pas, c’est un caprice »
La première question que je me suis posé face à l’argument sans faille « c’est un caprice. » c’est : « à quel âge le bébé, le jeune enfant est-il capable de faire un caprice ? »
J’ai entendu des phrases ahurissantes : « Si ton bébé veut être tes bras, c’est par caprice », « Si ton bébé pleure, c’est par caprice », « S’il refuse la poussette, c’est par caprice » Qu’est-ce qu’un caprice ? Volonté soudaine, irréfléchie et changeante / Désir, volonté subite, irréfléchie et passagère. C’est donc un besoin immédiat de quelque chose, de quelqu’un. Un besoin. Un besoin intense d’être pris aux bras, un besoin extrême d’amour, un besoin désespéré de sortir de cette poussette. Pourquoi mettre en doute la légitimité de ces besoins ? Le bébé, jusqu’à ses 18 mois minimum, n’est pas capable de « caprice », au sens péjoratif du terme. La peur du « caprice » c’est encore une fois la peur d’être dominé par son enfant. La peur de ne pas réussir, plus tard, à lui expliquer ou à lui refuser quelque chose. Il est temps de se faire confiance et de LUI faire confiance. Et si, finalement, il ne s’agissait que d’Amour ?


- « Ne la prend pas aux bras, tu vas lui donner de mauvaises habitudes »
« Habitude ». Ce mot, c’est LA bête noire. Tout doit être mis en œuvre pour que l’enfant ne s’habitue pas. Attention ! : « S’il s’habitue, c’est fichu. » Pardon mais...s’habituer à quoi exactement ? A nos bras, à notre amour ? Pourtant, il n’y a pas de plus belle "habitude" que celle d'aimer. Le besoin d’être porté est aussi fort que le besoin de manger, parfois même plus fort. Colette Clark au début de son ouvrage « Le livre de l'allaitement maternel » écrit : « le nouveau-né n'a que trois besoins essentiels : la chaleur des bras de sa mère, la certitude de sa présence et le lait de ses seins ». Nos bras, c’est vital pour lui. « Les bébés humains naissent prématurés d’environ 12 mois. Cette immaturité explique le GRAND besoin de contact physique qu’ont les petits d’homme, de jour comme de nuit. » Il y a un dicton qui pourrait tout résumer : « 9 mois dans le ventre, 9 mois sur le ventre ». « Le portage, par les mouvements du porteur et les bruits de son cœur, stimule le système nerveux immature du bébé, et notamment son système vestibulaire (le système sensoriel principal de la perception du mouvement et de l'orientation par rapport à la verticale, donc à la base du sens de l'équilibre) et aide les bébés à mieux respirer, à mieux grandir, régule leur physiologie et améliore leur développement moteur. Le bébé encore incapable de se déplacer accumule l’énergie sans pouvoir la décharger autrement que par des pleurs, alors que s’il est porté par une personne active, les tensions musculaires des deux, porteur et porté, sont évacués par le mouvement » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Porter bébé & Ne pleure plus, bébé).  

Blaise Pierrehumbert, dans son ouvrage « Le premier lien » explique que « ce n’est que quand ses besoins de proximité sont satisfaits qu’un individu peut s’éloigner de sa figure d’attachement pour explorer le monde extérieur ». Varenka Marc assure que « le Holding nous permet, en ne séparant pas trop tôt notre bébé de notre corps, de l’aider à atteindre sans heurts les phases de différenciation (jusqu’à 4 mois, le bébé est dans une unité duelle avec sa mère. Ils constituent un système omnipotent. La mère maintient l’équilibre homéostatique de l’enfant immature, sujet à des détresses somatiques génératrices d’angoisse). C’est à cette condition qu’il accède naturellement à la séparation. C’est ainsi, paradoxalement, que notre bébé deviendra libre » et autonome.

Il FAUT prendre son bébé aux bras, le porter, même quand il ne pleure pas. Surtout quand il ne pleure pas. Lui refuser nos bras, sous le prétexte fumeux de l’apprentissage de l’indépendance ou de la peur d’en faire un capricieux, c’est comme lui interdire de manger lorsqu’il a faim. Le psychanalyste suisse Franz Renggli sépare les mammifères en 3 formes de développement de la relation mère-enfant : « les nidifuges, où le petit se déplace dès la naissance et suit sa mère ; les nidicoles où les petits restent dans un nid ; et enfin les primates, pour lesquels le nid est le corps de la mère qui le porte de manière ininterrompue pendant toute la 1ere période de sa vie ». Nous sommes des primates, le réflexe de Grasping (réflexe de préhension) qui est toujours présent chez nos bébé jusqu’à ses 6 mois, en est la preuve ! « Les experts s'accordent presque tous pour dire que ce réflexe représente un vestige de notre lointain passé » quand nous nous agrippions à la fourrure de notre mère. « Tout se passe comme si, en Occident, l’Homme s’était transformé en nidicole, mettant ses petits dans des nids plus ou moins douillets. Le problème, c’est que les besoins des bébés, eux, n’ont pas changé. Et que le berceau dont ils ont besoin, c’est le berceau qui marche, constitué par le corps de leur mère. » (Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Porter bébé.)

Au début, je voyais l’écharpe comme la solution de la dernière chance. Trop conditionnée par les menaces « d’enfant capricieux », de « mauvaises habitudes », « d’éducation foirée », je m’acharnais à essayer de la poser dans son transat, qu’elle refusait bien évidement. Dès qu’elle pleurait, je la serrais contre moi. Puis je tentais, de nouveau, de la poser. En vain. Je la mettais dans l’écharpe et elle se calmait instantanément. Je le vivais comme un échec ! J'avais du mal faire à un moment. Pourquoi ma fille ne voulait pas rester seule ? Pourquoi voulait-elle absolument être dans mes bras ? Parce que c'est un bébé. Parce que c'est normal. Il m’a fallu lire de vraies recherches, voir les bons reportages pour m’en convaincre. C’est une évidence maintenant. Lou est dans l’écharpe, une grosse partie de la journée. Elle me regarde vivre ma vie d’adulte. Je ne suis pas centrée sur elle constamment. Elle est spectatrice et elle adore ça. Il est très rare qu’elle pleure la journée (ni la nuit d’ailleurs). Grâce à notre proximité, elle peut communiquer avec moi autrement que par le pleur ou le cri. Il a été plus facile pour moi de repérer ses phases d’éveil, les signes de faim ou de fatigue. Le portage, car il apporte au bébé tout le réconfort et la sécurité dont il a besoin absolument, l’aide aussi à l’endormir. Ma fille s’endort tous les soirs, entre 20h et 21h, sans jamais pleurer, toujours sereine et calme. Une chanson ou deux, une tétée et quelques caresses la font sombrer tout de suite. 
Elle est heureuse et ses nombreux sourires en sont la preuve !



PARTIE 2 (Apprentissage du sommeil et allaitement) ICI !


Rendez-vous sur Hellocoton !

mercredi 16 octobre 2013

Récit d'accouchement à 4 mains !


Les indiens disent que toutes les grandes aventures ont commencé par un premier pas. Notre fille a décidé que le nôtre commencerais à 5H30 du matin.
« Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux.
- Moi, je crois que si tu n’as pas perdu les eaux alors on a un gros souci avec la plomberie du voisin du dessus… »
Je souhaitais une seule chose : pas tôt le matin.
Mais l’homme propose la femme dispose. Même lorsque la femme en question n’est pas encore née.

J’étais censée accoucher il y a déjà 10 jours, voire plus. J’ai tout tenté : homéopathie, acupuncture, sexe, piment, marche, ménages, ananas, SPA, bain, massage des tétons, pensée positive, voiture, escaliers. Bref, j’attendais que ça, la nuit, le jour, peu importe mais qu’elle sorte (bordel). La veille, on avait fixé le RDV pour le déclenchement le 17 aout. On est le 16 et soit je me pisse dessus soit c’est THE moment. Comme je ne suis pas sure (et que peut etre que je flippe un peu), j’attends quelques heures. A 5h30 du mat’, je réveille mon mari « Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux, pour de bon ! »



Donc direction la maternité.
Ce que les indiens ne disent pas, c’est que le chemin qui mène à la grande aventure est plus compliqué avec une femme enceinte, une valise dont le contenu te permettrais de survivre 3 ans à une attaque Zombie et un sac à dos, lourd. Très lourd.

On est à 20 minutes à pieds de la maternité, l’homme porte les valises, je porte mon ventre et on y va. On se filme, on se jauge « tu as peur ? » « tu as hâte ? » Ni l’un, ni l’autre. Je suis portée par un sentiment indescriptible. Je vais à la rencontre de notre bonheur. Il est 6h30.

En route vers la maternité !

Salle des urgences. Nous attendons.
Elle est appelée. J’attends.
Quand elle ressort c’est en chaise roulante. Cette fois c’est la bonne !
Je n’ai jamais été aussi content de voir quelqu’un en chaise roulante. C’est effrayant.
Je suis le Professeur Xavier et l’on arrive dans la chambre. Nous attendons.
L’infirmière arrive, je dois sortir de la chambre. J’attends.
La sage-femme arrive, je dois sortir. J’attends.
Et là, tout commence.


Je ne me souviens plus trop, je sais qu’un sage-femme (sage-homme ?) contrôle que c’est bien le bon moment. Il me fait mal. Je l’insulte, en français. Il ne comprend rien. Je lui souris. Ça passe. On me demande d’enfiler une blouse verte plutôt stylée et une infirmière me pose le cathéter. Elle mettra 30 bonnes minutes. Elle transpire et s’excuse mille fois. Heureusement que je ne crains pas les piqures. On m’installe sur un fauteuil roulant et nous montons dans une chambre. Je n’y reste qu’une heure. Direction la salle d’accouchement. Perf d’antibio, perf d’ocytocine car pas de contractions, et c’est parti. Il est 11h.


D’abord la joie, puis ensuite le début de la douleur.
La miss commence à s’exciter la dedans.
La sage-femme revient avec l’apprentie sage-femme, qui, vu son âge a dû être l’actrice principale de cette scène il y a à peine 20 ans.
Bien sûr, je dois sortir. J’attends.
Au départ, quand on attend on est pas seul. Il y en a d’autre comme moi. Des « attendeurs ».
Hommes et femmes.
Un cubain, un gitan, un espagnol. Le début d'une blague.
Ce que nous avons en commun à part attendre, c’est cet accoutrement qu’on nous oblige à porter. Je pourrais ressembler à un des docteurs de Grey’s Anatomy, mais je ne sais pas par quel coup du sort, je ressemble beaucoup plus au responsable du rayon frais des supermarchés Casino.
Ce léger tablier, ces recouvre chaussures, d’une épaisseur d’un micron, et bien sûr trop petit, qui ne se ferme pas et qui empêche soit disant  bactérie et virus de se propager…
Par contre rentrer avec de la bouffe du Mc Do ou avoir les cheveux gominé type casque allemand de la 2nde guerre mondiale comme mon compatriote cubain ne pose pas de problème.
C’est ou les bactéries, ou moi que l’on prend pour un con.
J’attends, mais cette fois ci avec un air de con.
J’en profite pour appeler et envoyer des messages à la famille pour les informer de la situation.
Quand je reviens, commence un mélange de gémissements et de chant prénatal.
Pour ceux qui se rappel du son de Gizmo dans les Gremlins… voilà.
A partir de ce moment-là n’en finit plus un va et vient de rentrer et sortir, rentrer et sortir.
Ce qui a commencé comme cela, finis comme cela.


Pose du monitoring interne. Je douille comme jamais. Je ré-insulte en français. Elle comprend. Elle sourit. Contractions toutes les deux minutes. Je n’ai pas suivi de cours de préparation à l’accouchement. J’ai lu des bouquins, regardé des vidéos. J’ai choisi le chant prénatal. Je chante donc. Je gémis plutôt et surtout je respire. Je suis dans une bulle. Je ne parle pas. Je ne réponds pas. Je n’écoute pas. Je laisse faire ce corps. Ce n’est pas de la douleur. C’est animal, c’est instinctif, c’est incontrôlable. Il faut lâcher prise. Il faut s’oublier. Il faut se faire confiance. On m’annonce que la péridurale va m’être posé d’ici 30mn. Ok. Il est 14h.


Et puis arrive l’œuvre de dieu. Touché par la grâce et la main divine la douleur disparaît.
Ah non, merde. C’est la péridurale.
L’exorcisme de guizmo à lieu et peu à peu  il quitte le corps de ma femme.

Je fais le dos rond, je ne bouge pas, j’attends. Je vois l’anesthésiste retirer ses gants. Et merde, il n’y arrive pas. « Qu’est-ce qui se passe ?  IL y a un problème ? » je lui demande. Non, c’est fait. Je savais que je ne craignais pas les piqures mais pas à ce point ! Je n’ai rien senti, mais vraiment rien. Elle est peu dosé, je sens encore beaucoup les contractions mais ça me va. Soudain, une grosse contraction. Elle ne s’arrête pas. J’ai mal. Ça dure 1 heure. Guizmo revient.  La sage-femme me rappelle que je ne suis pas en virée shopping mais que je donne la vie. « Je ne lui ai rien demandé, qu’elle ferme sa gueule et vite sinon je lui crache au visage et je me casse » : voilà à peu près ce que j’ai pensé à ce moment-là. Il est 16h30.


Sur l’une des sorties de salle je me rends compte que la femme du cubain est amené d’urgence en salle d’opération. Très très peu de temps après, il apprend que la césarienne s’est bien passée et que c’est une fille.
Je ne pensais pas qu’une césarienne durait aussi peu de temps.
Même avec un katana je n’aurais pas été aussi rapide.
La sage-femme vient me voir. Elle me dit que tout va bien et que d’ici peu ce sera le grand moment.
Je reviens dans la chambre et l’on va nous expliquer comment effectuer les poussé avec le moniteur.

En vrai, cette petite phrase m’a beaucoup aidé. Je réalise que j’ai envie de pousser. « Ben, pousse ! » Et nous voilà, mon homme, le monito et moi, seuls tous les 3 à pousser. C’était intime, c’était notre moment. Il m’a donné toute sa force, tout son courage, tout son amour. C’est grâce à lui que je garde de mon accouchement un souvenir si intense et si précieux. Il est 18h30.


C’est alors que la sage-femme arrive et comme si de rien n’était me dit :
« Viens voir, on voit les cheveux. »
Je regarde et la BORDEL DE MERDE, je ne vois pas les cheveux, je peux voir CHAQUE cheveu !
Je pourrais toucher son crâne sans soucis. Moi je considère cela comme dehors !
Oui elle est bien là.
Les poussées sont faciles, surtout pour le papa.
Il m’a suffi d’hurler « Pousse !» à ma femme à chaque fois que le moniteur arrive à 35, 40 je crois.
Alors ON pousse.
Parce que moi, depuis que j’ai vu sa touffasse noire je suis ultra motivé à pousser.
C’est ma première vrai rencontre avec ma fille.
Plus de parois, plus d’image d’écho qui ressemble plus à un sonar d’un sous-marin russe de la guerre du pacifique.
Et on n’arrête pas de pousser. On pousse même très bien d’après ce que nous disent la sage-femme et la sage-adolescente.

La sage-femme me dit que c’est imminent, je suis à dilatation complète. Je sais qu’elle est brune. Je sais qu’elle est bien là. Je veux la voir et l’avoir. Allez les gars, écartez-vous, moi j’accouche ! Il est 18h40.


Je ressors à nouveau de la salle et me prépare pour 20 min d’attente comme à chaque fois.
Et là au bout de 5 min on m’appelle plutôt urgemment.
Quand j’arrive dans la salle il y a beaucoup de monde, et ça pousse dur.
La tête est à moitié sortie.
Et à ce moment-là, on a beau savoir comment ça marche, avoir vu des tonnes de vidéos sur le sujet…
Il n’y a rien de tel comme vision que de voir une moitié de soi sortir de sa moitié…
Hallucinant.
La petite résiste et d’un coup, comme une botte qu’on galère à enlever, elle sort, limite éjectée.
Grande, magnifique, les yeux grands ouverts.
Pas un cri.
Pas un cri mais le visage tellement serein que je sais que tout va bien.
Ma femme panique, parce que la petite n’a pas émis le moindre son.
Je lui dis : « t'en fait pas tout va bien, elle est parfaite ! »
Et là, il m’est impossible de la lâcher du regard.
Quelle merveille.

J’entends « Attrape ta fille ! » et je le fais. Je vois à peine son visage , je la pose sur moi pour 5mn de peau à peau. Elle ne pleure pas, je pleure pour elle. Le regard qu’on échange lui et moi est juste incroyable. Ce que l’on vit EST incroyable. On me la prend, pour quelques soins. Je l’observe à travers les yeux de son père. Elle me manque. Tout se bouscule. Il y a quelque chose qui se passe dans mon corps, dans mon cœur, dans ma tête. C’est un bouleversement, c’est le monde que je regarde. Mon monde. Je n’ai plus de doutes, plus de questions. Je la veux contre moi, je veux me perdre dans son visage, je veux la sentir, j’ai besoin de la sentir. Il est 18h50 et notre fille fait de nous des parents.

Elle pèse 3kg950 et mesure 52cm.

Je prends une tonne de photos. La sage-femme m’engueule : « Prend pas autant de photo, regarde-la plutôt ! »
Connasse, si je prends des photos,  c’est justement parce que je ne peux pas la regarder avec les yeux plein de larmes, ça lui tombe sur la gueule !
Elle est splendide. Et pas parce que c’est ma fille. Mais parce qu’il faut être honnête !
Je lui donne mon doigt et elle le saisit.
C’est ce qu’on appelle toucher du bout du doigt son rêve. Je viens de comprendre l’expression.
On nous laisse seuls avec elle. Première tétée.
Comme ma femme, c’est une championne. Elle pète la dalle. Et à partir de ce moment-là tout s’enchaine.

Enfin, je l’ai contre moi. On me dit « nourris la ». Elle vient chercher le sein, je la fixe. 1ere gorgée  de lait, elle lève ses sourcils de satisfaction et plonge ses yeux dans les miens. Je suis maman. Ma vie pour la sienne. Il est 19h15.

Dans la salle d'accouchement


La galère pour expliquer son prénom et surtout la paperasse pour le nom de famille.
La première fois qu’on nous sépare d’elle.
La première nuit où l’on apprend rapidement que quand elle pleure c’est d’abord parce qu’elle a faim. Sinon c’est parce qu’elle a fait caca. Sinon c’est parce qu’elle a des gaz. Sinon c’est parce qu’elle préfère être emmailloter.
Et sinon c’est parce que le temps de vérifier tout ça, elle a de nouveau faim, elle a de nouveau fait caca etc…
La meilleure pire nuit de ma vie.
Inoubliable.

Elle est restée collée contre moi pendant des heures. Mon papa et ma maman découvrent leur petite fille. Mes grands-parents, leur arrière-petite-fille. Je les regarde la contempler. Je les regarde l’aimer. Elle est douce, calme et sereine. La chambre 1301 de la maternité de La Paz de Madrid se souviendra de tout cet amour. Il est 22h quand ils nous laissent tous les 3. Je retombe amoureuse de mon mari, j’aime ma fille un peu plus chaque seconde. Il n’y a rien de plus important qu’eux, quoi que les gens disent, c’est faux. Tout le reste est secondaire.

La vue de notre chambre à la maternité ! Ça en jette, hein?!


2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir une maman comme ça.
Finalement c’est quand même moi, le papa, qui ai le plus de chance !
Spectateur, puis spectateur actif, puis acteur.
Sans souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise messieurs, on a quand même le bon rôle !

2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir un papa comme ça.
Finalement c’est quand même moi, la maman, qui ai le plus de chance !
Spectatrice, puis spectatrice active, puis actrice.
Avec (un peu de) souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise mesdames, c’est nous qui avons le meilleur rôle !

2 mois, jour pour jour !

Rendez-vous sur Hellocoton !