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mercredi 16 octobre 2013

Récit d'accouchement à 4 mains !


Les indiens disent que toutes les grandes aventures ont commencé par un premier pas. Notre fille a décidé que le nôtre commencerais à 5H30 du matin.
« Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux.
- Moi, je crois que si tu n’as pas perdu les eaux alors on a un gros souci avec la plomberie du voisin du dessus… »
Je souhaitais une seule chose : pas tôt le matin.
Mais l’homme propose la femme dispose. Même lorsque la femme en question n’est pas encore née.

J’étais censée accoucher il y a déjà 10 jours, voire plus. J’ai tout tenté : homéopathie, acupuncture, sexe, piment, marche, ménages, ananas, SPA, bain, massage des tétons, pensée positive, voiture, escaliers. Bref, j’attendais que ça, la nuit, le jour, peu importe mais qu’elle sorte (bordel). La veille, on avait fixé le RDV pour le déclenchement le 17 aout. On est le 16 et soit je me pisse dessus soit c’est THE moment. Comme je ne suis pas sure (et que peut etre que je flippe un peu), j’attends quelques heures. A 5h30 du mat’, je réveille mon mari « Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux, pour de bon ! »



Donc direction la maternité.
Ce que les indiens ne disent pas, c’est que le chemin qui mène à la grande aventure est plus compliqué avec une femme enceinte, une valise dont le contenu te permettrais de survivre 3 ans à une attaque Zombie et un sac à dos, lourd. Très lourd.

On est à 20 minutes à pieds de la maternité, l’homme porte les valises, je porte mon ventre et on y va. On se filme, on se jauge « tu as peur ? » « tu as hâte ? » Ni l’un, ni l’autre. Je suis portée par un sentiment indescriptible. Je vais à la rencontre de notre bonheur. Il est 6h30.

En route vers la maternité !

Salle des urgences. Nous attendons.
Elle est appelée. J’attends.
Quand elle ressort c’est en chaise roulante. Cette fois c’est la bonne !
Je n’ai jamais été aussi content de voir quelqu’un en chaise roulante. C’est effrayant.
Je suis le Professeur Xavier et l’on arrive dans la chambre. Nous attendons.
L’infirmière arrive, je dois sortir de la chambre. J’attends.
La sage-femme arrive, je dois sortir. J’attends.
Et là, tout commence.


Je ne me souviens plus trop, je sais qu’un sage-femme (sage-homme ?) contrôle que c’est bien le bon moment. Il me fait mal. Je l’insulte, en français. Il ne comprend rien. Je lui souris. Ça passe. On me demande d’enfiler une blouse verte plutôt stylée et une infirmière me pose le cathéter. Elle mettra 30 bonnes minutes. Elle transpire et s’excuse mille fois. Heureusement que je ne crains pas les piqures. On m’installe sur un fauteuil roulant et nous montons dans une chambre. Je n’y reste qu’une heure. Direction la salle d’accouchement. Perf d’antibio, perf d’ocytocine car pas de contractions, et c’est parti. Il est 11h.


D’abord la joie, puis ensuite le début de la douleur.
La miss commence à s’exciter la dedans.
La sage-femme revient avec l’apprentie sage-femme, qui, vu son âge a dû être l’actrice principale de cette scène il y a à peine 20 ans.
Bien sûr, je dois sortir. J’attends.
Au départ, quand on attend on est pas seul. Il y en a d’autre comme moi. Des « attendeurs ».
Hommes et femmes.
Un cubain, un gitan, un espagnol. Le début d'une blague.
Ce que nous avons en commun à part attendre, c’est cet accoutrement qu’on nous oblige à porter. Je pourrais ressembler à un des docteurs de Grey’s Anatomy, mais je ne sais pas par quel coup du sort, je ressemble beaucoup plus au responsable du rayon frais des supermarchés Casino.
Ce léger tablier, ces recouvre chaussures, d’une épaisseur d’un micron, et bien sûr trop petit, qui ne se ferme pas et qui empêche soit disant  bactérie et virus de se propager…
Par contre rentrer avec de la bouffe du Mc Do ou avoir les cheveux gominé type casque allemand de la 2nde guerre mondiale comme mon compatriote cubain ne pose pas de problème.
C’est ou les bactéries, ou moi que l’on prend pour un con.
J’attends, mais cette fois ci avec un air de con.
J’en profite pour appeler et envoyer des messages à la famille pour les informer de la situation.
Quand je reviens, commence un mélange de gémissements et de chant prénatal.
Pour ceux qui se rappel du son de Gizmo dans les Gremlins… voilà.
A partir de ce moment-là n’en finit plus un va et vient de rentrer et sortir, rentrer et sortir.
Ce qui a commencé comme cela, finis comme cela.


Pose du monitoring interne. Je douille comme jamais. Je ré-insulte en français. Elle comprend. Elle sourit. Contractions toutes les deux minutes. Je n’ai pas suivi de cours de préparation à l’accouchement. J’ai lu des bouquins, regardé des vidéos. J’ai choisi le chant prénatal. Je chante donc. Je gémis plutôt et surtout je respire. Je suis dans une bulle. Je ne parle pas. Je ne réponds pas. Je n’écoute pas. Je laisse faire ce corps. Ce n’est pas de la douleur. C’est animal, c’est instinctif, c’est incontrôlable. Il faut lâcher prise. Il faut s’oublier. Il faut se faire confiance. On m’annonce que la péridurale va m’être posé d’ici 30mn. Ok. Il est 14h.


Et puis arrive l’œuvre de dieu. Touché par la grâce et la main divine la douleur disparaît.
Ah non, merde. C’est la péridurale.
L’exorcisme de guizmo à lieu et peu à peu  il quitte le corps de ma femme.

Je fais le dos rond, je ne bouge pas, j’attends. Je vois l’anesthésiste retirer ses gants. Et merde, il n’y arrive pas. « Qu’est-ce qui se passe ?  IL y a un problème ? » je lui demande. Non, c’est fait. Je savais que je ne craignais pas les piqures mais pas à ce point ! Je n’ai rien senti, mais vraiment rien. Elle est peu dosé, je sens encore beaucoup les contractions mais ça me va. Soudain, une grosse contraction. Elle ne s’arrête pas. J’ai mal. Ça dure 1 heure. Guizmo revient.  La sage-femme me rappelle que je ne suis pas en virée shopping mais que je donne la vie. « Je ne lui ai rien demandé, qu’elle ferme sa gueule et vite sinon je lui crache au visage et je me casse » : voilà à peu près ce que j’ai pensé à ce moment-là. Il est 16h30.


Sur l’une des sorties de salle je me rends compte que la femme du cubain est amené d’urgence en salle d’opération. Très très peu de temps après, il apprend que la césarienne s’est bien passée et que c’est une fille.
Je ne pensais pas qu’une césarienne durait aussi peu de temps.
Même avec un katana je n’aurais pas été aussi rapide.
La sage-femme vient me voir. Elle me dit que tout va bien et que d’ici peu ce sera le grand moment.
Je reviens dans la chambre et l’on va nous expliquer comment effectuer les poussé avec le moniteur.

En vrai, cette petite phrase m’a beaucoup aidé. Je réalise que j’ai envie de pousser. « Ben, pousse ! » Et nous voilà, mon homme, le monito et moi, seuls tous les 3 à pousser. C’était intime, c’était notre moment. Il m’a donné toute sa force, tout son courage, tout son amour. C’est grâce à lui que je garde de mon accouchement un souvenir si intense et si précieux. Il est 18h30.


C’est alors que la sage-femme arrive et comme si de rien n’était me dit :
« Viens voir, on voit les cheveux. »
Je regarde et la BORDEL DE MERDE, je ne vois pas les cheveux, je peux voir CHAQUE cheveu !
Je pourrais toucher son crâne sans soucis. Moi je considère cela comme dehors !
Oui elle est bien là.
Les poussées sont faciles, surtout pour le papa.
Il m’a suffi d’hurler « Pousse !» à ma femme à chaque fois que le moniteur arrive à 35, 40 je crois.
Alors ON pousse.
Parce que moi, depuis que j’ai vu sa touffasse noire je suis ultra motivé à pousser.
C’est ma première vrai rencontre avec ma fille.
Plus de parois, plus d’image d’écho qui ressemble plus à un sonar d’un sous-marin russe de la guerre du pacifique.
Et on n’arrête pas de pousser. On pousse même très bien d’après ce que nous disent la sage-femme et la sage-adolescente.

La sage-femme me dit que c’est imminent, je suis à dilatation complète. Je sais qu’elle est brune. Je sais qu’elle est bien là. Je veux la voir et l’avoir. Allez les gars, écartez-vous, moi j’accouche ! Il est 18h40.


Je ressors à nouveau de la salle et me prépare pour 20 min d’attente comme à chaque fois.
Et là au bout de 5 min on m’appelle plutôt urgemment.
Quand j’arrive dans la salle il y a beaucoup de monde, et ça pousse dur.
La tête est à moitié sortie.
Et à ce moment-là, on a beau savoir comment ça marche, avoir vu des tonnes de vidéos sur le sujet…
Il n’y a rien de tel comme vision que de voir une moitié de soi sortir de sa moitié…
Hallucinant.
La petite résiste et d’un coup, comme une botte qu’on galère à enlever, elle sort, limite éjectée.
Grande, magnifique, les yeux grands ouverts.
Pas un cri.
Pas un cri mais le visage tellement serein que je sais que tout va bien.
Ma femme panique, parce que la petite n’a pas émis le moindre son.
Je lui dis : « t'en fait pas tout va bien, elle est parfaite ! »
Et là, il m’est impossible de la lâcher du regard.
Quelle merveille.

J’entends « Attrape ta fille ! » et je le fais. Je vois à peine son visage , je la pose sur moi pour 5mn de peau à peau. Elle ne pleure pas, je pleure pour elle. Le regard qu’on échange lui et moi est juste incroyable. Ce que l’on vit EST incroyable. On me la prend, pour quelques soins. Je l’observe à travers les yeux de son père. Elle me manque. Tout se bouscule. Il y a quelque chose qui se passe dans mon corps, dans mon cœur, dans ma tête. C’est un bouleversement, c’est le monde que je regarde. Mon monde. Je n’ai plus de doutes, plus de questions. Je la veux contre moi, je veux me perdre dans son visage, je veux la sentir, j’ai besoin de la sentir. Il est 18h50 et notre fille fait de nous des parents.

Elle pèse 3kg950 et mesure 52cm.

Je prends une tonne de photos. La sage-femme m’engueule : « Prend pas autant de photo, regarde-la plutôt ! »
Connasse, si je prends des photos,  c’est justement parce que je ne peux pas la regarder avec les yeux plein de larmes, ça lui tombe sur la gueule !
Elle est splendide. Et pas parce que c’est ma fille. Mais parce qu’il faut être honnête !
Je lui donne mon doigt et elle le saisit.
C’est ce qu’on appelle toucher du bout du doigt son rêve. Je viens de comprendre l’expression.
On nous laisse seuls avec elle. Première tétée.
Comme ma femme, c’est une championne. Elle pète la dalle. Et à partir de ce moment-là tout s’enchaine.

Enfin, je l’ai contre moi. On me dit « nourris la ». Elle vient chercher le sein, je la fixe. 1ere gorgée  de lait, elle lève ses sourcils de satisfaction et plonge ses yeux dans les miens. Je suis maman. Ma vie pour la sienne. Il est 19h15.

Dans la salle d'accouchement


La galère pour expliquer son prénom et surtout la paperasse pour le nom de famille.
La première fois qu’on nous sépare d’elle.
La première nuit où l’on apprend rapidement que quand elle pleure c’est d’abord parce qu’elle a faim. Sinon c’est parce qu’elle a fait caca. Sinon c’est parce qu’elle a des gaz. Sinon c’est parce qu’elle préfère être emmailloter.
Et sinon c’est parce que le temps de vérifier tout ça, elle a de nouveau faim, elle a de nouveau fait caca etc…
La meilleure pire nuit de ma vie.
Inoubliable.

Elle est restée collée contre moi pendant des heures. Mon papa et ma maman découvrent leur petite fille. Mes grands-parents, leur arrière-petite-fille. Je les regarde la contempler. Je les regarde l’aimer. Elle est douce, calme et sereine. La chambre 1301 de la maternité de La Paz de Madrid se souviendra de tout cet amour. Il est 22h quand ils nous laissent tous les 3. Je retombe amoureuse de mon mari, j’aime ma fille un peu plus chaque seconde. Il n’y a rien de plus important qu’eux, quoi que les gens disent, c’est faux. Tout le reste est secondaire.

La vue de notre chambre à la maternité ! Ça en jette, hein?!


2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir une maman comme ça.
Finalement c’est quand même moi, le papa, qui ai le plus de chance !
Spectateur, puis spectateur actif, puis acteur.
Sans souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise messieurs, on a quand même le bon rôle !

2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir un papa comme ça.
Finalement c’est quand même moi, la maman, qui ai le plus de chance !
Spectatrice, puis spectatrice active, puis actrice.
Avec (un peu de) souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise mesdames, c’est nous qui avons le meilleur rôle !

2 mois, jour pour jour !

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9 commentaires:

  1. Superbe récit et magnifique petite fille !

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  2. L'article est long mais j'ai tout dévoré jusqu'à la fin!!Magnifique récit qui m'a décroché quelques larmes;) j'espère pouvoir en raconté autant dans 9 semaines!!

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  3. ♥♥♥ merci pour ce beau récit ♥♥♥ larme à l'oeil ...

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  4. votre fille est juste parfaite!!
    j'ai adoré le récit de votre grossesse on s'y reconnait .. Juste a 3 mois mais tellement hâte en lisant tout ça de venir à sa rencontre..
    www.trytokeepthesmile.skyblog.com
    twitter : @avylovesaxo47

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  5. Merci pour ce billet très agréable… et souriant (pour un sujet pas évident) !
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  6. Votre travail m’a beaucoup surpris car ça fait longtemps que je n’ai pas trouvé comme ce magnifique partage.

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  7. Merci pour ces bons conseils….c’est très agréable de vous lire…..et instructif…….
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